Troisième île … Teshima. Cette petite île abrite (cache) 2 musées remarquables … des œuvres d’art intéressantes mais surtout des bâtiments surprenants, géométrie, angles, béton, jeux d’ombre, matériaux bruts, partiellement enfouis dans le sol, … œuvres de l’architecte Tadao Ando. Le tout perdu sur une petite île de la mer intérieure du Japon …
Mais ce n’est pas vraiment ce que mon SX70 a vu, a pu voir ou a « mémorisé ». Lui c’est lui et moi c’est moi. Contrairement au numérique, chaque clic compte et lorsque le film (8 photos) est fini, il ne vous reste qu’à en charger un autre … si vous en avez encore et en espérant que ce film aura bien supporté la chaleur, le stockage ou encore les rayons à l’aéroport (beaucoup de « si ». Là aussi réside le charme discret du polaroid) … De plus les japonais n’aiment pas trop (doux euphémisme) les photos à l’intérieur et parfois à l’extérieur des musées … les gardiens vigilants sont là pour le rappeler, gentiment et fermement.
Le port de Teshima …
… et des échafaudages … ou plutôt, IslandScape, une installation artistique de Koji Kakiuchi …
Qu’est-ce qui est art … allez savoir …
Et là, dans notre dos, le musée d’art simulant l’impact d’une goutte d’eau sur le sol … une expérience inoubliable, inracontable, et non photographiable
La semaine pola printanière 2020 vient de s’achever en mode confinement quasi généralisé. Virus pola contre virus corona, une lutte sans merci. Une chose est sûre , le vaccin contre le virus du pola n’est pas prêt d’etre trouvé.
Comme chaque fois, c’est la possibilité de présenter 2 polas « inédits » par jour du 19 au 24 avril. Et comme chaque fois … choisir. Choisir c’est rejeter … dur, dur.
Jour 1 … cerisiers blancs en fleurs …
Jour 2 … premier essai du film One Instant …
Jour 3 … IslandScape sur l’ile de Teshima …
Jour 4 … Kyoto, la pluie …
Jour 5 … je sème à tout vent …
Jour 6 … Arashiyama …
Espérant que le virus du pola vaincra, rendez-vous pour la semaine automnale du polaroid.
Je retourne le sablier et c’est reparti pour une année … avec cette sinistre impression que la sortie du tunnel est bougrement plus éloignée que l’entrée …
La nature sourit … même si c’est un sourire jaune 😉
Et puis la météo … un non-hiver doublé de non-soleil, le tout copieusement arrosé et là ce n’est pas de la non-eau. A défaut de neige, des grêlons … avant et après la pluie.
Le 5 … projet d’affiche pour l’expo Polaroid ils ont Dead à Rennes dans le cadre d’Expolaroid 2020 et mon pola y est bien …
Le 7 … que vois-je ? Oui, c’est bien un rayon de soleil, fugace mais bien réel, qui se faufile entre les bourgeons précoces du magnolia …
Le 13, oui, un vendredi … on parle en Belgique de confinement. Durci quelques jours plus tard … On parle d’exponentielle, de courbes à aplatir, de pic à déplacer … de morts aussi. Mon Covid … on aimerait pouvoir tirer la chasse et dire bye, bye …
Un vénérable expert n’ose pas parler de confinement … il parle de retirement. Faut-il parler positif ? Pas sûr. La réalité avec un voile dessus, reste la réalité.
Et mon pola exposé à Rennes … annulation. Frêle écume sur une mer agitée …
Asocia(b)l(e) par nature, la distanciation sociale ou physique ne me pèsera guère. J’ai des bouquins, une bonne connexion, un jardin, des polas, un vélo et … du PQ. En plus, j’adore les pâtes. Seuls mes chicoufs vont me manquer. Je tente de leur lire Johan et Pirlouit sur WhatsApp … pas évident. Plus de 90 minutes (en 2 épisodes) pour une BD complète. Eux, ils trouvent ça cool.
Et puis il y a ces médecins, ces infirmiers (je ne parle pas l’inclusif mais je vous admire mesdames) et tous les autres … la madame du supermarché qui me prépare mon caddie, mon facteur, … et tous ces gens qui ravitaillent les magasins, qui le livrent du mazout, qui ramassent les poubelles, … les policiers aussi … les pompiers … enfin tous ces gens qui travaillent avec ou plutôt sans masques (je ne félicite pas les « spécialistes » gestionnaires des stocks d’urgence), avec ou plutôt sans gel hydroalcoolique, … merci et protégez vous bien.
Et la nature qui resourit … les pékinois qui redécouvrent un ciel bleu, les vénitiens qui aperçoivent des poissons dans les canaux … Covid19 est un avertissement et parmi les espèces en péril l’espèce humaine pourrait bien rejoindre les ours blancs.
But the show must go on …
Et puis l’écoulement des jours qui devient de moins en moins perceptible. Ils passent … identiques comme les grains de sable qui s’écoulent dans le sablier. Les repères calendaires s’évanouissent peu à peu … les jours se suivent, froids et ensoleillés, indiscernables surtout … Surprise … un pack de film duotone Yellow and Black de feu Impossible Project. Périmé évidemment … Mais périmé comment ?
Et quand l’addiction est un peu trop forte, un clic, n’importe quoi, et ça repart … Un peu de rangement, une caisse de vinyls … C’est beau un vinyl … même si on n’a plus de platine … on rêve de plage(s) et de grands espaces …
Et mars s’achève … le 3ème mois avec trois mots commençant par la troisième lettre … confinement, covid et chloroquine.
Il m’arrive d’émerger d’une hibernation (mais peut-on vraiment parler d’hiver ?) pas vraiment consentie et de quitter mon village pour monter à la capitale … n’ayant pas trouvé de catamaran solaire et de voie navigable ad hoc je me suis contenté du train (ce billet est donc eco-certifié … quant à la mobilité aisée façon SNCB je reste dubitatif).
Mon objectif c’était l’expo Keith Haring au BoZar … une époque, un lieu, une musique, des gens
L’aller-retour étant une version un peu trop épurée de l’escapade urbaine, le soleil aidant, je permis à mes pieds de prendre le pouvoir et de me diriger là où ils le désiraient … béatement, je suivais.
Une dizaine de polas et quelques kilomètres plus loin … l’inventaire
La verrière de la Galerie Ravenstein avant d’accéder au BoZar …
… ne jamais essayer de forcer un SX70 sans lui offrir un minimum de lumière. Il risque de devenir flou …
Le Mont des Arts ensuite … vue sur Bruxelles.
Phlegm et … non … ceci n’est pas une pipe …
L’allée du Kaai … un graffiti mis à jour (et sa version 2015) 🙂
… pou-belles en bordure du canal …
… et retour Gare du Nord avec cette sublime fresque murale d’Etam-Cru/Sainer …