Avouons-le Bruxelles a une « photogénie » qui lui est propre. La ville n'est pas belle comme peut l'être Bruges (pour rester à l'échelle belge) qui, elle, l'est peut-être trop (trop clean, à en perdre son âme ?). Il m'arrive parfois de me demander ce que (re)cherchent (et trouvent) les touristes apparemment nombreux qu'on rencontre en ces mois de vacances … Au delà des spots incontournables ( manneken pis, Grand Place, les musées, la place royale, …), Bruxelles n'a pas vraiment d'unité, n'est pas particulièrement propre et sûre …
Je n'irais pas jusqu'à me plaindre « des rues qui s'effondrent fréquemment » comme le soulignait, sur son blog, Jean Quatremer dans son mémorable billet sur Bruxelles. Jusqu'à présent, je dois le reconnaître, le sol sous mes pieds est resté stable à défaut, pavés obligent, d'être plan. Il est vrai qu'après quelques Gueuze bien bruxelloises le sol peut perdre de sa stabilité rassurante 😉
Et pourtant j'aime arpenter ses rues, explorer ses quartiers et y découvrir une ville réellement pleine de vie.
Et avec un appareil photo c'est encore mieux. Et pourquoi pas mon Polaroid 250 que je commence à mieux connaître … quoique …
Ayant un faible pour le noir et blanc, c'est un film Fuji FP-3000 B que j'ai utilisé ici. Le problème des films peel-apart est qu'après quelques minutes de développement on doit décoller la photo du négatif, l'ensemble étant à ce moment humide de réactifs chimiques assez corrosifs et souillants. Impossible donc de ranger la photo (et le négatif que, personnellement, je ne conserve pas) sans attendre qu'elle sèche. J'avais pensé pouvoir conserver les clichés et opérer la séparation photo-négatif en fin de balade. Mauvaise idée … Des traces de réactifs partiellement séchées restent sur la photo (avec un chiffon légèrement humidifié il est possible de débarrasser la photo d'une partie de ces résidus). Il faudra trouver une solution …
De plus, ce n'est qu'en fin de balade, en « pelant » mes photos que j'ai constaté une surexposition pour toute mes photos (le temps était très ensoleillé, la molette de réglage sur normal et une mesure de l'exposition assez bonne contrairement à mon 240 qui tend à sous-exposer ).
C'est par l'expérience qu'on apprend, dit-on … en effet. Voici donc quelques polas bruxellois en descendant des Marolles vers la place Sainte-Catherine …
La place du Jeu de Balle et son marché …
Bruxelles Chapelle …
et le skate des Ursulines …
en se dirigeant vers le Manneken Pis, le disquaire Arlequin et sa façade Jef Aérosol …
un sanglier de Roa blotti dans une petite rue …
et pour finir, la place Sainte-Catherine, terrasse ombragée ou dégustation de fruits de mer et crustacés …
Elle est loin l'époque où les charrettes tirées par des chevaux, remplies de foin et de paysans par dessus, revenaient des champs pour enfourner dans les fenils de quoi passer l'hiver pour le bétail.
Les machines ont remplacé animaux et, partiellement, les hommes. Le foin est roulé et emballé avant d'être stocké dans des silos … Le progrès, en fait.
Et le pola du jour (SX70/PX70 CP) m'a rappelé une époque lointaine … mon premier (je crois) LP (vous savez la rondelle noire en plastique d'une trentaine de centimètres de diamètre, gravée d'un sillon et destinée à être, elle aussi, labourée par une aiguille pour, dans son cas, restituer l'empreinte sonore d'une époque) vinyle, Harvest de Neil Young.
Quelques années plus tard, en 1976, j'avais eu la chance de le voir à Forest National … 280 francs (belges) … Il était déjà cher le bougre ! Et maintenant, attendu au Pukkelpop, il se désiste suite à l'accident d'un de ses chevaux fous du Crazy Horse.
Une video ou plutôt la bande sonore illustrée d'une photo d'époque, un live de Harvest de Neil Young en 1971 …
L'Office du Tourisme de Lille a édité en juillet (2013) un petit dépliant (téléchargeable ici … mais trop petit donc illisible. Mieux vaut l’original, passez par l’Office du Tourisme 😉 ) gratuit incitant le quidam intéressé à parcourir les rues de Lille à la rencontre de l'art moderne ou du street art. Ces deux parcours pouvant se faire à vélo, j'ai profité d'un dimanche récent (la ville est d'autant plus belle que les voitures sont à l'arrêt) pour emmener Mr B (mon vélo pliant) se dérouiller les rayons.
Après une succession ininterrompue de dimanches et de jours ordinaires tous plus ensoleillés les uns que les autres, « mon » dimanche fut nuageux et agrémenté de quelques petites pluies de courte durée mais … réellement humides 😉 . Ainsi va la vie et la meteo aussi. Je dus donc adapter mon itinéraire et sacrifier certains spots déjà vus ou trop éloignés. Avec Wazemmes, Moulin, Faubourg de Béthune, … il y avait déjà de quoi se régaler (et profiter du marché dominical de Wazemmes, typique, vivant, …) … une quinzaine de kilomètres en un peu plus de 3 heures, en comptant les nombreux arrêts photo et « abri au sec » …
Le défaut du parcours est qu'en voulant relier toutes les fresques lilloises réparties sur l'ensemble de la ville il en devient assez « sinueux » (à l'horizontal) et alambiqué (peu cohérent, avouons-le) et ne nous entraîne pas nécessairement sur les artères les plus agréables en terme de balade à vélo.
Des photos numériques sur @necDOT et un diptyque (polaroid SX70 avec film Impossible Project PX70 CP) pour illustrer cette balade … « Street is watching you » par Isham1 et « Calligraphie » par Lady Alezia + Zepha …
Dans un précédent billet, je vous présentais la ferme abritant la Fondation Folon … Il y a (bien) longtemps (ô vieillesse ennemie …), Folon, encore jeune (lui aussi), faisait partie de mon environnement par reproductions interposées, …
Le temps a passé, une Fondation abrite ses œuvres dans un cadre qui dev(r)ait lui plaire … sérénité, poésie, nature …
Deux diptyques au polaroid SX70 avec film PX680 CP … dans la cour de la ferme
et l'atelier avec une main ouverte vers ce polaroid « d'époque » …
Le générique de fin de soirée sur Antenne 2 (ex France 2) …
Avec la photo numérique vous pouvez shooter jusqu'à plus soif … une photo ratée, on recommence et les photos s'accumulent sur les cartes mémoires, disques durs ou éventuellement sur les réseaux sociaux, Facebook, Flickr, Instagram, … S'accumulent et s'oublient … Combien de photos connaissent le bonheur de se voir couchées sur un beau papier et livrées, de cette façon, aux yeux de tous ?
Alors pourquoi pas la photo instantanée ? Hélas, le numérique a tué Polaroid, a mis à mal Fuji. Et malgré quelques projets en voie de réalisation (l'Instant Lab d'Impossible Project ou le Polaroid Socialmatic, tous les deux annoncés pour les mois à venir), il est difficile de croire en un retour victorieux. Et pourtant quel plaisir de tenir en main, en direct, un vulgaire bout de carton, immortalisation de l'instant présent.
Alors, oui, pourquoi pas la photo instantanée, celle que certains artistes, fêlés, mordus, passionnés, curieux ou juste amateurs continuent à pratiquer. Non pas pour faire vintage (quoique …), non, juste pour retrouver un plaisir disparu, étouffé par la technologie galopante. A la lecture de ce blog vous constaterez que, parti d'un pola 635CL retrouvé dans un tiroir il y a quelques mois, j'ai fait un peu de chemin …
En terme d'appareils, il faudra choisir entre les appareils Fuji ou Polaroid
Les Fuji , Instax Mini et Wide, sont encore fabriqués et donc sont parfaitement fonctionnels.
Les Polaroid eux resurgissent du passé dans les brocantes, sur eBay ou autres sites marchands à des prix variables, dans un état pas souvent garanti … gare aux surprises (bonnes ou mauvaises). Les modèles sont très variés mais on peut distinguer pour faire très simple les appareils utilisant les films Fuji (ce sont essentiellement les Polaroid Land Camera 100-400) et ceux utilisant les films Impossible Project, repreneur de la technologie Polaroid, de 70 ASA comme les SX70 , pliants ou pas, ou de 600 ASA comme les SLR 680, certaines box, …
En terme de films, il faudra choisir entre les films Fuji ou Impossible Project
Les films Fuji sont moins chers et donnent des photos au rendu plus naturel, plus attendu. Le développement est immédiat (1 ou 2 minutes), on peut parler d'instantané. Pour les Instax il est relativement facile d'en trouver en magasin alors que pour les peel-apart (pour Polaroid 100-400), souvent, il faudra passer par des boutiques on-line. Les photos peuvent être (très) petites pour les Instax Mini ou plus larges pour le format Wide.
Les films Impossible Project dont la technologie est imparfaite (Polaroid en disparaissant a emmené certains secrets) sont plus chers (plus de 2€ la photo), sont capricieux (difficile de prévoir le rendu de la photo principalement à cause de la forte sensibilité à la température), se développent lentement (il faut compter plus de 45 minutes). Des améliorations sont promises …
Et puis il faut ajouter un facteur subjectif, non négligeable … Les appareils Polaroid sont chargés d'un passé évocateur (on est sur les traces d'Andy Warhol, Patty Smith, …) alors que ce n'est pas vraiment le cas pour les Fuji (et l'appareil Fuji Instax 210 est assez volumineux et, avouons-le, pas très sexy).
A titre d'exemple … la même scène en deux photos. La première avec un Polaroid 240 et film Fuji FP-100C et la deuxième avec un Polaroid SLR680 et film Impossible Project PX680 CP (série spéciale Gold Frame de 12/2012). La température était proche de 26°C … le film Fuji encaisse parfaitement alors que l'Impossible Project prend une teinte marron-chocolat.
Pour en savoir plus, pour poser vos questions à de vrais spécialistes 😉 une seule adresse Polaroid Passion