Je vous disais que par nostalgie j'avais acheté des films polaroid périmés …
Le problème avec ces films c'est qu'ils sont … périmés et que rien ne garanti la qualité de conservation. Avec la meilleure volonté du monde un réactif chimique ne peut donner que ce qu'il peut et dans le cas présent, petit à petit, le solvant (l'eau) s'est échappée, les réactifs cristallisent et refusent de s'étendre de façon homogène … résultat, des stalactites brunâtres de polaroid non développé. Ajoutons à cela, le voile sépia témoin du vieillissement de ces mêmes réactifs et vous comprenez qu'il faut être fou, ou totalement maladivement nostalgique, pour acheter ces films.
Et j'oublie la sympathique surcharge douanière qui grève un peu plus le prix … (les stocks ont la fâcheuse habitude de résider hors Communauté Européenne).
Donc, votre conclusion doit être la mienne … je suis fou … avec trois packs qui m'attendent encore dans mon frigo. Et moi j'espère encore … un peu.
Parfois certains polaroidomanes parviennent à sublimer un pola périmé, totalement raté en convaincant le (certains) spectateur de sa qualité artistique. On marche … ou pas. J'ai souvent remarqué que la qualité de l'art contemporain réside dans le pouvoir de persuasion de l'auteur, de son galériste ou de certains « critiques » … business ? Non, je n'ai pas employé ce mot 😉
Donc pour revenir à mes moutons … j'abandonne. Le vin a, hélas, viré au vinaigre. Stop.
Un bel exemple de cette déchéance (obsolescence non programmée, juste naturelle. La chimie à ses raisons que la raison …) … avec du banding en plus (la bande verticale centrale a moins vieilli et délivre des couleurs plus naturelles). Une xerochrysum bracteatum … la plante est dite immortelle, elle …
… et un graffiti atomique …
{Polaroid SLR680 / Film Polaroid 600 (exp 04/2004)}
Lors de ma petite expédition parfum « urbex » (plus aux « vrais morceaux » qu'aux « arômes de fantaisie », si,si …) dans les cimenteries Delwart à Saint-Maur (Tournai, Belgique, évidemment), j'ai eu l'occasion de shooter avec différents appareils et films …
Ce mauvais œil m'avait paru particulièrement intéressant (à l'instar de ces yeux peints sur la proue des bateaux de pêche que j'avais rencontré au Vietnam où le rôle protecteur de celui-ci ne fait aucun doute … du moins, je l'espère), d'où ces multiples photos. À comparer … laquelle préférez-vous ?
En pack universel … du vrai vintage avec un film polaroid 779 (expiration 01/2008), chimie un peu asséchée (coulures brunes) et défaillante (couleurs ternes). Il est curieux de constater qu'un scan de pola avec ces vieux films « donne » plus de pixels qu'un scan de photo Impossible Project, ce qui pourrait démontrer la plus grande définition/sensibilité de ces bons vieux films …
{Polaroid SLR 680 / Film Polaroid 779 (exp 2008)}
… de l'Impossible Project (en attendant la Génération 2.0) un peu rose (température avoisinant les 20°C) à mon goût …
{Polaroid SLR 680 / Film Impossible Project Color 600}
… et du noir et blanc pour SX70 …
{Polaroid SX70 Sonar AF / Film Impossible Project BW SX70}
En pack 100 … le bientôt regretté Fuji FP-3000B …
{Polaroid 240 / Film Fuji FP-3000B}
… et le couleur avec cette tonalité (on aime … ou pas) Fuji bleu-vert …
Les cimenteries font partie du décor naturel de Tournai et des communes avoisinantes.
Il y a ces monstres en pleine activité, rongeant, dévorant en profondeur le paysage … explosions, poussières, … Mais aussi les carrières mortes, abandonnées, qui peu à peu se remplissent d'une eau sombre, bonheur des amateurs de plongée.
Souvent, la réhabilitation d'une carrière ou d'une ancienne cimenterie abandonnées ne semble pas au programme. Les bâtiments tombent en ruine, les herbes folles envahissent … et des grillages protègent/interdisent l'accès. Ces lieux deviennent zones de découverte pour les explorateurs urbains (urbex).
Réussissant, comme fréquemment, à être ailleurs (pas vraiment le right man in the right place at the right time), je n'ai pu accéder aux lieux (grilles ouvertes … je m'y lance discrètement) que quelques jours plus tard avec la grosse artillerie … SLR680, Polaroid 240, et divers films (sans compter un compact numérique pour les photos streetart pour @necDOT)
Quelques polaroid 779, expiration date 2008, (du pur vintage pour de l'urbex, un bon mix) …
{Polaroid SLR680 / Film Polaroid 779 (exp 01/2008)}
… de l'Impossible Project Color 600 (tiens, tiens, les températures remontent et les clichés recommencent à virer au rose) …
{Polaroid SLR680 / Film Impossible Project Color 600}
… et évidemment le Color SX70 (la photo explosive) …
{Polaroid SX70 / Film Impossible Project Color SX70}
… du noir et blanc en BW600 …
{Polaroid 240 / Film Fuji-FP-3000B}
Dans l'article prochain, place au polaroid 240 et films Fuji peel-apart (pack 100). Et, en attendant, le trailer Youtube …
Il y a peu, la chair est faible, j’ai craqué pour du Polaroid 779 (expiration date 2008). J’ai ainsi (re)fait (le souvenir de mes expériences d’antan étant assez flou) connaissance avec du « vrai » film Polaroid et mesuré aussi combien la route empruntée par Impossible Project est encore longue …
Hélas, les orpailleurs sont nombreux et les pépites, par contre, commencent à se faire rares. eBay, la source essentielle, est de moins en moins bavard lors de recherches « polaroid 779 », et les rares items viennent souvent des US (bonjour les frais de port qui ne sont pas loin de doubler le prix d’achat du film), et ont des dates d’expiration qui, de plus en plus, remontent vers le passé. L’achat devient donc de plus en plus risqué (les conditions de stockage – au frigo, à plat – sont primordiales pour garantir une qualité de film acceptable. Les photos du premier film acheté – expiration date 08/2008 – ne présentaient pas de coulures …) et onéreux. Sigh … soupirerait Charlie Brown …
Pour ces films, il ne faut pas rêver, les couleurs vives, saturées ont été remplacées par un brun-beige évoquant le sépia. Ce n’est pas inintéressant (comme pour les photos urbex d’un très prochain billet) et vaut mieux que certaines horreurs (erreurs ?) de filtres Instagrammesques …
(Presqu’) inévitablement « coulures » de chimie sèche, banding (3 bandes verticales plus – ou moins – claires liées à une différence de vieillissement des réactifs chimiques contenus dans les 3 « pods »), perte de « vivacité » dans les couleurs avec cette tonalité sépia pour les optimistes, beigeasse pour les râleurs et pisse-vinaigre 😉 (Il est étonnant que le fichier Jpeg résultant d’un scan d’un vrai pola est généralement plus « lourd » en terme d’octets que pour un pola Impossible Project)
Mon Polaroid 240 vu par le film polaroid 779 (avec un SLR680) …
… une fleur de magnolia …
… ou un coucher de soleil sur l’Escaut (mon premier film … pas de coulures) …
Il est curieux (juste curieux pour ne pas dire anecdotique) de connaître l'origine des noms de fleurs. Cela ne fait pas avancer le schmilblick comme dirait l'autre mais cela peut être amusant entre un débat télévisé sur la mondialisation et un article sur la place de la laïcité au prégardiennat (encore que, si vous lisez cet article sur la tulipomanie , vous vous rendrez compte que crise économique, chute de la bourse, … peuvent rimer avec fleur).
Donc, la jacinthe ou hyacinthus, qui fleurit à cette époque prendrait son nom dans la mythologie
L'origine du mot est à la fois claire et obscure : elle se trouve dans le nom du Lacédémonien Huakinthos qui était aimé d'Apollon. Comme le dieu l'avait tué lors d'une partie de disque, son sang donna naissance à une fleur. Cependant, le nom d'Huakinthos n'est pas indoeuropéen et l'on suppose qu'il s'agissait d'une divinité antérieure (site web).
Par une belle journée de printemps, Apollon et Hyacinthos s’entraînent au lancer du disque à la campagne et cela rend Zéphyr fou de rage car il les entend rire et plaisanter et il se rend bien compte que Hyacinthos lui préfère le bel Apollon.
Il décide de se venger et souffle alors sur le disque que vient de lancer Apollon pour le faire dévier. Le disque heurte un rocher et revient frapper Hyacinthos à la tête. Le jeune homme meurt sur le coup.
Apollon est inconsolable et pour que son ami ne disparaisse pas tout à fait, il transforme le sang qui a coulé de sa blessure en une fleur dont chaque pétale porte l’initiale du prénom du défunt : U (?) (site web)
Bien belle conclusion pour un si triste chagrin 😉
Et pour cette jacinthe appelée parfois muguet bleu, un triptyque polaroid avec par ordre d'apparition (appareil/film) SX70/IP BW pour SX70, SLR680/Polaroid 779 (expiré en 2008) et SX70/SX70 …
et avec le Polaroid Land 240 équipé de la lentille close-up …